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Les trois catégories de bouddhas


« Bouddha » n’est pas un nom propre mais un participe passé caractérisant l’être qui atteint le stade le plus élevé de l’évolution spirituelle : l’Eveil (bodhi).
Un bouddha, un « éveillé », est un être qui connaît la réalité, la vérité ; une vérité qui ne fait pas référence à une proposition dogmatique édictée par une autorité divine ou prophétique, mais tout simplement aux lois naturelles, brouillées par l’illusion, que certains êtres parviennent à dévoiler, à comprendre, à enseigner et que leurs disciples sont appelés à expérimenter par eux-mêmes, non à respecter comme une merveille révélée.
Un tel stade de perfection spirituelle a déjà été atteint de nombreuses fois dans un passé lointain (les textes bouddhistes les plus anciens citent fréquemment les noms de six bouddhas du passé) et il le sera encore dans l’avenir. Pour notre temps, l’état de bouddha parfait a été atteint par un personnage historique, Gotama, du clan des Sākya, qui vécut dans l’Inde du Nord, entre les contreforts de l’Himalaya et les rives du Gange, au VIe siècle précédant notre ère.


La « bouddhéité » peut prendre trois formes différentes :


1) celle des bouddhas parfaits (sammāsambuddhā) qui parviennent sans aucune aide au plus haut sommet de la compréhension et possèdent la capacité d’enseigner au monde la voie à parcourir ;


2) celle des bouddhas solitaires (paccekabuddhā), nés à une époque où tout enseignement d’un bouddha a disparu, qui parviennent néanmoins à l’Eveil à la suite d’efforts contemplatifs empiriques, mais qui ne peuvent expliquer au monde la voie qu’ils ont parcourue ;


3) celle, enfin, des disciples d’un bouddha, les arahā, parvenus à l’Eveil grâce à l’enseignement reçu.
Le bouddhisme ne confère par conséquent au bouddha de notre temps aucune exclusivité :


J’ai vu une voie ancienne, une ancienne route, parcourue par les bouddhas parfaits d’autrefois. 1
Voici la voie du renoncement qu’ont suivie tous les bouddhas, tous les bouddhas solitaires et les nobles disciples.2


L’existence de bouddhas du passé, de bouddhas du futur et d’autres bouddhas du présent était fréquemment utilisée par le Bouddha pour rassurer ses disciples concernant l’accessibilité de l’Eveil, mais également pour freiner toute tentation de culte de la personnalité ; ainsi, lorsque l’un de ses plus grands disciples, Sāriputta, le complimente en affirmant qu’« il n’y a nulle part un autre religieux ayant atteint une plus grande sagesse que le parfait Eveil », qu’« il n’y en pas eu et qu’il n’y en aura plus », le Bouddha lui adresse ce reproche : « Sāriputta, n’as-tu donc pas connaissance des bouddhas parfaits du passé, du futur et du présent ; pourquoi donc exprimes-tu une telle idée ! » 3

 

1Nagara-sutta (S/SAṂ II/1/7/5/n°65)
2Visuddhimagga IV § 27
3Mahāparinibbāna-sutta (S/DĪG II/3/n°145)

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